Dès le début de la crise, le tourisme a été l’un des secteurs les plus impactés et promet de l’être encore longtemps après.
Alors que la Suisse, s’apprête à rentrer dans une période de déconfinement, le flou concernant les conséquences du covid-19 sur la vie quotidienne et le budget des suisses est encore incertain.
Si pendant la crise, beaucoup de Suisses ont vu leur voyage annulé de par les interdictions de circulations mises en place par les différents pays du monde dont la Suisse, une fois que celles-ci seront levées, il n’est pas sûr que les voyages reprennent de plus belle.
Raison économique liée à la santé ou à l’incertitude dans laquelle se trouve encore la situation mondiale, un tiers des Suisses qui avait un projet de vacances cette année vont l’annuler ou opter pour une autre destination.
Décryptage.
Un tiers des Suisses ne partira pas en vacances cette année
Nous avons commencé l’année 2020 un peu comme toutes les autres, en prenant de bonnes résolutions et en prévoyant déjà nos prochains voyages… Malheureusement, le covid-19 est passé par là. En plus de stopper des secteurs primordiaux aux économies comme l’est celui du tourisme, les conséquences de la pandémie promettent de se faire sentir encore longtemps, même après le confinement.
Selon un sondage réalisé par l’Institut pour la communication et le marketing de la Haute école de Lucerne et publié par CH Media, trois quarts des Suisses avaient prévu de partir en vacances en 2020. Pour l’heure, la moitié d’entre eux maintient ses projets, mais un quart a d’ores et déjà annulé ses vacances ou modifié sa destination.
Cela concerne particulièrement les voyages en Europe (16% d’annulations pour les voyages dans le sud de l’Europe et 15% en Europe centrale).
Il n’y a pas que les Suisses qui annulent leur vacance. Le secteur touristique Suisse risque lui aussi d’être fortement impacté par l’absence de touristes en provenance d’Asie, des États-Unis, et même d’Europe. Dans certaine région comme la Suisse centrale, le tourisme indigène sera crucial pour combler une partie de l’absence de touristes étrangers.
Si 45% des Suisses restaient déjà au pays pendant les vacances, il faudra compter sur une part bien supérieure pour pouvoir combler l’absence de voyageurs étrangers.
Le retour à la normale prendra du temps
« Jusqu’à ce que nous ayons un vaccin, rien ne sera comme avant » a déclaré Reyes Maroto, la ministre espagnole du Tourisme.
L’Espagne est l’une des destinations touristiques la plus prisée par les voyageurs du monde. Le pays est aussi l’un des pays les plus fortement touché par le covid-19. Pour l’heure, les frontières sont fermées et les espagnols confinés. Un déconfinement à la mi-mai est envisagé, mais rien n’est sûr.
Même si les frontières et les plages espagnoles réouvrent et que le pays procède au déconfinement avant l’été, la ministre, ne compte pas mettre les règles et les mesures de sécurité de côté au profit de son activité touristique qui pèse environ 12% de son PIB. Période estivale ou pas, les règles de distance sociale, notamment, seront toujours en vigueur sur le territoire et les plages espagnols, actuellement fermées jusqu’au 25 avril. D’autres mesures seront maintenues comme la limitation de rassemblement. Concernant les réouvertures des frontières, il est trop tôt pour se prononcer. Des mesures qui ont de quoi semer le doute, surtout lorsqu’on connaît l’affluence, en pleine période estivale, de la côte espagnole.
Ce flou dans lequel baignent ces mesures n’est pas propre à l’Espagne, mais bien à la plupart des pays du monde qui doivent faire face à la pandémie de covid-19 au jour le jour. Nombreux sont ceux qui ne savent pas encore quand et comment leurs frontières seront réouvertes et la Suisse en fait partie. La question des moyens de transport, également, se pose. Pour l’heure, les compagnies aériennes et ferroviaires tournent au ralenti. Quand sera-t-il demain ?
Toutes ces questions, qui n’ont pas encore de réponses expliquent en partie l’annulation ou changement de destination des voyageurs Suisses.
Les festivals de musiques particulièrement menacés
Mini-économie dans l’économie, le tourisme lié aux festivals de musique s’était fortement développé ces dernières années. Electro, pop, rock, jazz ou encore écologique, des festivals ont poussé un peu partout dans le monde et génèrent des milliards de dollars de revenus. C’était une branche florissante du tourisme mondial avant que la pandémie ne fasse son apparition. L’une des premières mesures de protection mises en place par la plupart des pays, l’interdiction de tout grand rassemblement, est venu stopper l’activité.
Tous les principaux festivals de musique ont été annulés dans le monde. Ces annulations en masse ont montré les nombreuses faiblesses de ce modèle économique et de nombreux festivals, en situation de faillite, sont menacés de disparaître.
En Suisse, les organisateurs du Montreux Jazz Festival et Paléo, festivals majeurs tous deux annulés, parlent de plus de 5 millions de francs de pertes sèches.
Pour Mathieu Jaton, directeur général du Montreux Jazz Festival, “cette crise offre peut-être une opportunité de repenser un modèle qui devenait de plus en plus fragile”. Pour se faire, un soutien financier de l’État paraît néanmoins indispensable.





